James Bond et ses accessoires
Un permis de tuer, des voitures remarquables, un goût prononcé pour les belles montres et une certaine propension à commander ses boissons avec une précision devenue légendaire. Mais il possède aussi, et peut-être surtout, une silhouette immédiatement reconnaissable.
Et ce, quelque soit l’acteur qui l’incarne.
Depuis plus de soixante ans, les vêtements participent indéniablement à la construction du personnage. Et certaines maisons ont fini par être associées à 007 au même titre que les fabricants de montres ou d'automobiles.
Et ce, quelque soit l’acteur qui l’incarne.
Depuis plus de soixante ans, les vêtements participent indéniablement à la construction du personnage. Et certaines maisons ont fini par être associées à 007 au même titre que les fabricants de montres ou d'automobiles.
L'actualité récente de Turnbull & Asser en fournit une nouvelle illustration
En effet, le célèbre chemisier de Jermyn Street propose aujourd'hui une collection James Bond de 18 références, composée de chemises, cravates, nœuds papillon, bretelles et pochettes.
Particularité intéressante : la maison explique avoir travaillé à partir de ses archives et de documents historiques afin de recréer les pièces originales ou de les réinterpréter avec le plus de fidélité possible.
Mais avant d'être une collection commerciale, l'histoire est d'abord celle d'une relation ancienne entre une maison britannique et le cinéma.
Une démarche intéressante et originale alors que tout les fans de la saga attendent fébrilement la nomination du prochain acteur qui incarnera 007.
Particularité intéressante : la maison explique avoir travaillé à partir de ses archives et de documents historiques afin de recréer les pièces originales ou de les réinterpréter avec le plus de fidélité possible.
Mais avant d'être une collection commerciale, l'histoire est d'abord celle d'une relation ancienne entre une maison britannique et le cinéma.
Une démarche intéressante et originale alors que tout les fans de la saga attendent fébrilement la nomination du prochain acteur qui incarnera 007.
Turnbull & Asser de Dr. No à Daniel Craig
L'histoire remonte à 1962 et à Dr. No, premier opus de la saga. La relation entre Turnbull & Asser (grand faiseur londonien) et James Bond est alors intimement liée à Sean Connery et au réalisateur Terence Young.
La chemise bleue aujourd'hui proposée par la maison constitue l'un des exemples les plus emblématiques de cette histoire. Elle reprend notamment le fameux col et les poignets « cocktail » caractéristiques du modèle porté par Connery.
Plus de soixante ans plus tard, Turnbull & Asser ne se contente donc pas de baptiser une chemise « James Bond ». La collection actuelle reprend des références liées à plusieurs films : Dr. No, Tomorrow Never Dies, The World Is Not Enough, Die Another Day ou encore Casino Royale.
On trouve ainsi une chemise bleue de Dr. No, une chemise crème de Tomorrow Never Dies, une chemise bleue « Istanbul » de The World Is Not Enough, mais également la chemise blanche de Casino Royale et une chemise de soirée en voile inspirée de Die Another Day.
Les accessoires ne sont pas oubliés : cravates en soie, dont une construction seven-fold, nœud papillon en shantung, pochettes et bretelles complètent l'ensemble.
La démarche est intéressante parce qu'elle montre à quel point le détail vestimentaire peut survivre au film qui l'a vu naître.
La chemise bleue aujourd'hui proposée par la maison constitue l'un des exemples les plus emblématiques de cette histoire. Elle reprend notamment le fameux col et les poignets « cocktail » caractéristiques du modèle porté par Connery.
Plus de soixante ans plus tard, Turnbull & Asser ne se contente donc pas de baptiser une chemise « James Bond ». La collection actuelle reprend des références liées à plusieurs films : Dr. No, Tomorrow Never Dies, The World Is Not Enough, Die Another Day ou encore Casino Royale.
On trouve ainsi une chemise bleue de Dr. No, une chemise crème de Tomorrow Never Dies, une chemise bleue « Istanbul » de The World Is Not Enough, mais également la chemise blanche de Casino Royale et une chemise de soirée en voile inspirée de Die Another Day.
Les accessoires ne sont pas oubliés : cravates en soie, dont une construction seven-fold, nœud papillon en shantung, pochettes et bretelles complètent l'ensemble.
La démarche est intéressante parce qu'elle montre à quel point le détail vestimentaire peut survivre au film qui l'a vu naître.
Crockett & Jones : les pieds de Daniel Craig
Avec Daniel Craig, Crockett & Jones est devenue l'une des références majeures pour les chaussures de Bond.
La maison de Northampton a notamment fourni plusieurs modèles pour Skyfall, parmi lesquels l'Highbury, l'Alex, la Tetbury et l'Islay. La collaboration s'est poursuivie dans les films suivants et a contribué à faire de certaines de ces chaussures des références directement associées à 007.
La démarche illustre un mécanisme désormais bien établi : une chaussure conçue pour répondre aux besoins d'un personnage de cinéma peut ensuite quitter le plateau pour entrer dans le catalogue commercial de la maison.
Le modèle James, notamment, reprend explicitement l'univers 007, tandis que l'Highbury est devenu l'une des chaussures les plus facilement associées au Bond de Daniel Craig.
La logique est cependant différente de celle de Turnbull & Asser. Chez le chemisier londonien, la collection actuelle revendique une approche presque archivistique. Chez Crockett & Jones, certaines références prolongent plutôt la silhouette de Bond dans une collection contemporaine.
La maison de Northampton a notamment fourni plusieurs modèles pour Skyfall, parmi lesquels l'Highbury, l'Alex, la Tetbury et l'Islay. La collaboration s'est poursuivie dans les films suivants et a contribué à faire de certaines de ces chaussures des références directement associées à 007.
La démarche illustre un mécanisme désormais bien établi : une chaussure conçue pour répondre aux besoins d'un personnage de cinéma peut ensuite quitter le plateau pour entrer dans le catalogue commercial de la maison.
Le modèle James, notamment, reprend explicitement l'univers 007, tandis que l'Highbury est devenu l'une des chaussures les plus facilement associées au Bond de Daniel Craig.
La logique est cependant différente de celle de Turnbull & Asser. Chez le chemisier londonien, la collection actuelle revendique une approche presque archivistique. Chez Crockett & Jones, certaines références prolongent plutôt la silhouette de Bond dans une collection contemporaine.
Orlebar Brown : lorsque Bond quitte le smoking
Il serait réducteur de résumer James Bond à un costume trois pièces, une chemise blanche et à ses souliers noirs.
007 possède également un vestiaire beaucoup plus décontracté. L’espion doit s’adapter à son environnement. C'est précisément sur ce terrain qu'Orlebar Brown a construit une partie de son histoire avec la franchise.
La maison britannique a travaillé avec EON Productions sur une collection « 007 Heritage », en retournant aux archives de la saga pour réinterpréter certaines tenues emblématiques. Dr. No, Thunderball, Au service secret de Sa Majesté ou Octopussy ont notamment servi de références.
La démarche est ici encore différente. Orlebar Brown ne cherche pas nécessairement à fabriquer une copie exacte d'un vêtement de plateau. La maison reprend plutôt une silhouette, une couleur ou un détail et l'adapte à son propre vocabulaire.
La collection 007 actuellement présentée par la marque continue d'ailleurs de s'appuyer sur plusieurs incarnations de Bond, de Sean Connery à Daniel Craig, avec notamment les fameux shorts de bain bleus associés à ce dernier.
Le Bond en vacances devient ainsi presque aussi identifiable que le Bond en smoking.
007 possède également un vestiaire beaucoup plus décontracté. L’espion doit s’adapter à son environnement. C'est précisément sur ce terrain qu'Orlebar Brown a construit une partie de son histoire avec la franchise.
La maison britannique a travaillé avec EON Productions sur une collection « 007 Heritage », en retournant aux archives de la saga pour réinterpréter certaines tenues emblématiques. Dr. No, Thunderball, Au service secret de Sa Majesté ou Octopussy ont notamment servi de références.
La démarche est ici encore différente. Orlebar Brown ne cherche pas nécessairement à fabriquer une copie exacte d'un vêtement de plateau. La maison reprend plutôt une silhouette, une couleur ou un détail et l'adapte à son propre vocabulaire.
La collection 007 actuellement présentée par la marque continue d'ailleurs de s'appuyer sur plusieurs incarnations de Bond, de Sean Connery à Daniel Craig, avec notamment les fameux shorts de bain bleus associés à ce dernier.
Le Bond en vacances devient ainsi presque aussi identifiable que le Bond en smoking.
Sunspel : le polo qui n'avait pas besoin de logo
Un autre exemple mérite une place particulière : Sunspel.
Lorsque Daniel Craig apparaît dans Casino Royale avec son polo Riviera, le vêtement est relativement banal en apparence. Pas de monogramme spectaculaire -jamais chez Bond de toute façon-, pas de matière exotique, pas de construction particulièrement démonstrative.
Et pourtant, le polo devient l'un des vêtements les plus immédiatement associés au nouveau Bond.
Sunspel explique que le modèle existait depuis les années 1950 et qu'il a été adapté aux mensurations de Daniel Craig à la demande de la costumière Lindy Hemming. La coupe a notamment été ajustée au niveau du torse et des manches pour accompagner la silhouette de l'acteur.
C'est probablement l'un des meilleurs exemples de la manière dont le cinéma peut transformer une pièce ordinaire -en l’occurrence un simple polo noir- en objet de désir.
Le polo Riviera est toujours commercialisé par Sunspel, qui continue de revendiquer son association avec Casino Royale.
Lorsque Daniel Craig apparaît dans Casino Royale avec son polo Riviera, le vêtement est relativement banal en apparence. Pas de monogramme spectaculaire -jamais chez Bond de toute façon-, pas de matière exotique, pas de construction particulièrement démonstrative.
Et pourtant, le polo devient l'un des vêtements les plus immédiatement associés au nouveau Bond.
Sunspel explique que le modèle existait depuis les années 1950 et qu'il a été adapté aux mensurations de Daniel Craig à la demande de la costumière Lindy Hemming. La coupe a notamment été ajustée au niveau du torse et des manches pour accompagner la silhouette de l'acteur.
C'est probablement l'un des meilleurs exemples de la manière dont le cinéma peut transformer une pièce ordinaire -en l’occurrence un simple polo noir- en objet de désir.
Le polo Riviera est toujours commercialisé par Sunspel, qui continue de revendiquer son association avec Casino Royale.
Tom Ford : quand le costume devient un personnage
Le costume constitue évidemment une autre dimension essentielle.
À partir de Quantum of Solace, puis plus encore dans Skyfall, Tom Ford participe à la construction de la silhouette de Daniel Craig. Le costume n'est plus simplement un vêtement fonctionnel : il devient une composante visuelle du personnage.
L'important n'est pas seulement le nom du créateur. C'est la façon dont la silhouette évolue avec Bond.
Le personnage de Craig est plus physique, plus athlétique, moins policé que certains de ses prédécesseurs. Ses vêtements suivent cette transformation : lignes plus ajustées, épaules plus nettes, costumes conçus pour accompagner les mouvements plutôt que pour seulement afficher une élégance formelle.
Là encore, le vêtement participe au récit.
À partir de Quantum of Solace, puis plus encore dans Skyfall, Tom Ford participe à la construction de la silhouette de Daniel Craig. Le costume n'est plus simplement un vêtement fonctionnel : il devient une composante visuelle du personnage.
L'important n'est pas seulement le nom du créateur. C'est la façon dont la silhouette évolue avec Bond.
Le personnage de Craig est plus physique, plus athlétique, moins policé que certains de ses prédécesseurs. Ses vêtements suivent cette transformation : lignes plus ajustées, épaules plus nettes, costumes conçus pour accompagner les mouvements plutôt que pour seulement afficher une élégance formelle.
Là encore, le vêtement participe au récit.
Un patrimoine qui dépasse les marques
Turnbull & Asser, Crockett & Jones, Orlebar Brown, Sunspel ou Tom Ford n'ont évidemment pas la même relation avec James Bond.
Certaines maisons ont effectivement fourni des vêtements portés dans les films ; d'autres ont développé par la suite des collections inspirées ou réalisées sous licence autour de l'univers 007.
Cette distinction est importante. Elle permet surtout d'éviter de transformer l'histoire de la garde-robe de Bond en un simple catalogue de produits dérivés.
Car le phénomène est plus intéressant que cela.
Depuis 1962, les costumiers et les maisons qui travaillent autour de la franchise ont construit, parfois involontairement, une véritable grammaire vestimentaire de James Bond.
Une chemise, un polo, une paire de chaussures, une cravate ou un short de bain peuvent devenir suffisamment identifiables pour être recherchés par les amateurs, reproduits par les fabricants et conservés dans les archives.
Certaines maisons ont effectivement fourni des vêtements portés dans les films ; d'autres ont développé par la suite des collections inspirées ou réalisées sous licence autour de l'univers 007.
Cette distinction est importante. Elle permet surtout d'éviter de transformer l'histoire de la garde-robe de Bond en un simple catalogue de produits dérivés.
Car le phénomène est plus intéressant que cela.
Depuis 1962, les costumiers et les maisons qui travaillent autour de la franchise ont construit, parfois involontairement, une véritable grammaire vestimentaire de James Bond.
Une chemise, un polo, une paire de chaussures, une cravate ou un short de bain peuvent devenir suffisamment identifiables pour être recherchés par les amateurs, reproduits par les fabricants et conservés dans les archives.
Et les montres dans tout cela ?
Il existe finalement un parallèle évident entre la garde-robe de 007 et ses montres.
Rolex, Seiko puis Omega ont successivement contribué à construire l'image horlogère du personnage. Certaines références sont devenues indissociables de leur acteur ou de leur film, avant d'acquérir une existence propre dans l'imaginaire collectif.
La même chose arrive avec une chemise Turnbull & Asser ou un polo Sunspel. Le cinéma transforme un objet fonctionnel en signe.
Une montre donne l'heure. Une chemise habille. Une paire de chaussures protège les pieds. Mais lorsqu'elles sont portées par James Bond, elles deviennent autre chose : des éléments d'une identité visuelle que plusieurs générations de spectateurs sont capables de reconnaître.
C'est probablement la raison pour laquelle la collection actuelle de Turnbull & Asser mérite davantage qu'un simple regard sur ses prix et ses références.
Elle rappelle que le véritable patrimoine de James Bond ne se trouve pas uniquement dans ses Aston Martin, ses montres ou ses gadgets. Il se trouve aussi dans les vêtements…
Et après plus de six décennies, certains d'entre eux sont devenus, eux aussi, des objets cultes.
Rolex, Seiko puis Omega ont successivement contribué à construire l'image horlogère du personnage. Certaines références sont devenues indissociables de leur acteur ou de leur film, avant d'acquérir une existence propre dans l'imaginaire collectif.
La même chose arrive avec une chemise Turnbull & Asser ou un polo Sunspel. Le cinéma transforme un objet fonctionnel en signe.
Une montre donne l'heure. Une chemise habille. Une paire de chaussures protège les pieds. Mais lorsqu'elles sont portées par James Bond, elles deviennent autre chose : des éléments d'une identité visuelle que plusieurs générations de spectateurs sont capables de reconnaître.
C'est probablement la raison pour laquelle la collection actuelle de Turnbull & Asser mérite davantage qu'un simple regard sur ses prix et ses références.
Elle rappelle que le véritable patrimoine de James Bond ne se trouve pas uniquement dans ses Aston Martin, ses montres ou ses gadgets. Il se trouve aussi dans les vêtements…
Et après plus de six décennies, certains d'entre eux sont devenus, eux aussi, des objets cultes.















