Ulrich, vous avez rejoint Oris en 1978 et comptez l’une des plus longues carrières dans l’horlogerie. Comment regardez-vous vos débuts dans le métier ?
Avant Oris, j’ai travaillé dans la banque et l’industrie pétrolière. Ce fut un changement majeur. Des volumes imposants et de grands chiffres financiers à un petit produit dont les composants se mesurent en centièmes de millimètre.
Mais ce qui m’a le plus marqué fut de découvrir et constater de mes propres yeux ce que cette industrie suisse emblématique était capable de produire et distribuer à l’échelle mondiale, ainsi que le rayonnement international des horlogers suisses ; en particulier Oris.
Vos premières années chez Oris coïncident avec la crise du quartz. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Ce fut très éprouvant ! Pratiquement toutes les entreprises horlogères suisses se sont retrouvées en difficultés financières. Le nombre d’employés du secteur est passé d’environ 90.000 à 30.000.
À l’époque, Oris faisait partie du groupe ASUAG, lui aussi en difficulté. Mais les plus solides ont survécu et la crise s’est révélée un tournant majeur pour l’industrie.
Avant Oris, j’ai travaillé dans la banque et l’industrie pétrolière. Ce fut un changement majeur. Des volumes imposants et de grands chiffres financiers à un petit produit dont les composants se mesurent en centièmes de millimètre.
Mais ce qui m’a le plus marqué fut de découvrir et constater de mes propres yeux ce que cette industrie suisse emblématique était capable de produire et distribuer à l’échelle mondiale, ainsi que le rayonnement international des horlogers suisses ; en particulier Oris.
Vos premières années chez Oris coïncident avec la crise du quartz. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Ce fut très éprouvant ! Pratiquement toutes les entreprises horlogères suisses se sont retrouvées en difficultés financières. Le nombre d’employés du secteur est passé d’environ 90.000 à 30.000.
À l’époque, Oris faisait partie du groupe ASUAG, lui aussi en difficulté. Mais les plus solides ont survécu et la crise s’est révélée un tournant majeur pour l’industrie.
À quel point Oris a-t-elle frôlé la disparition ?
Très près ! Oris était forte sur l’entrée de gamme, principalement au Royaume-Uni et dans ses colonies associées. Oris a subi de fortes pressions tarifaires sur ces marchés, et la direction du groupe a envisagé la fermeture de la manufacture.
En 1982, vous et le Dr Rolf Portmann avez pourtant organisé un rachat par la direction. Pourquoi ?
ASUAG ne voyait pas d’avenir pour Oris, mais nous, si. En 80 ans, la marque s’était forgée une réputation mondiale pour sa qualité et son design. Le Dr Portmann avait le choix : fermer la manufacture, ou prendre le risque avec moi et quelques autres actionnaires. Nous avons pris le risque.
Ce choix a assuré l’indépendance d’Oris. Quelle importance cela a-t-il eu ?
Avec ce rachat, nous avons réalisé que nous étions désormais responsables de nous-mêmes. Au début, c’était inconfortable. Comme un manque d’oxygène. Mais nous avons appris vite, sommes devenus agiles et plus audacieux.
Nous avons pris des décisions courageuses, fait les choses à notre façon. Les gens appréciaient ce que représentait Oris, ses montres et son esprit unique. Aujourd’hui, l’indépendance est notre état d’esprit.
C’est ce qui nous inspire et nourrit chacune de nos décisions.
Très près ! Oris était forte sur l’entrée de gamme, principalement au Royaume-Uni et dans ses colonies associées. Oris a subi de fortes pressions tarifaires sur ces marchés, et la direction du groupe a envisagé la fermeture de la manufacture.
En 1982, vous et le Dr Rolf Portmann avez pourtant organisé un rachat par la direction. Pourquoi ?
ASUAG ne voyait pas d’avenir pour Oris, mais nous, si. En 80 ans, la marque s’était forgée une réputation mondiale pour sa qualité et son design. Le Dr Portmann avait le choix : fermer la manufacture, ou prendre le risque avec moi et quelques autres actionnaires. Nous avons pris le risque.
Ce choix a assuré l’indépendance d’Oris. Quelle importance cela a-t-il eu ?
Avec ce rachat, nous avons réalisé que nous étions désormais responsables de nous-mêmes. Au début, c’était inconfortable. Comme un manque d’oxygène. Mais nous avons appris vite, sommes devenus agiles et plus audacieux.
Nous avons pris des décisions courageuses, fait les choses à notre façon. Les gens appréciaient ce que représentait Oris, ses montres et son esprit unique. Aujourd’hui, l’indépendance est notre état d’esprit.
C’est ce qui nous inspire et nourrit chacune de nos décisions.
Il y a cinquante ans, les montres mécaniques étaient des outils ; aujourd’hui ce sont des objets de luxe. Êtes-vous surpris qu’elles existent encore ?
Pas du tout. La mécanique suscite toujours émerveillement et joie. Nous ne fabriquons que des montres mécaniques car ce sont des objets émotionnels qui conservent leur valeur à long terme.
Comment la Big Crown Pointer Date incarne-t-elle l’histoire d’Oris ?
La première montre Oris dotée de l’affichage Pointer Date est apparue en 1938. Après le rachat, nous avons décidé de nous concentrer sur les montres mécaniques, et c’est à ce moment-là que nous avons fait de cette complication légendaire une pierre angulaire de notre collection. Elle est toujours là aujourd’hui, depuis près de 90 ans.
Quel rôle joue-t-elle dans la représentation mondiale d’Oris ?
Le message clé que j’ai porté dans le dans le monde était celui des valeurs d’Oris : passion pour les montres mécaniques, fier héritage depuis 1904, nos origines suisses, notre désir d’explorer de nouvelles voies et notre indépendance de pensée et d’action.
La Big Crown Pointer Date a toujours magnifiquement raconté cette histoire, devenant une icône Oris.
Et maintenant la version « Bullseye » fait son retour. Quelle est son histoire ?
Ce style est apparu dans une montre Oris dans les années 20 et a connu une grande popularité des années 40 aux années 70.
Je l’ai toujours apprécié et nous y sommes revenus après le rachat, mais comme cela arrive parfois, les designs se perdent dans le temps. Le dernier datait de 1998.
Le redécouvrir récemment nous a rappelé toute sa force. C’est un plaisir de le voir renaître.
Un demi-siècle dans l’horlogerie : quelle est votre vision aujourd’hui ?
Je regrette de constater que de plus en plus, seules les personnes aux revenus supérieurs à la moyenne peuvent s’offrir des montres mécaniques, et qu’un nombre croissant d’entreprises emprunte cette voie.
Nous croyons depuis toujours aux montres mécaniques Swiss Made à des prix qui ont du sens. Elles apportent de la joie ! Tout comme il y a 50 ans, je suis convaincu qu’il y aura toujours des personnes séduites par cette vision.
Oris sera toujours là pour elles.
Pas du tout. La mécanique suscite toujours émerveillement et joie. Nous ne fabriquons que des montres mécaniques car ce sont des objets émotionnels qui conservent leur valeur à long terme.
Comment la Big Crown Pointer Date incarne-t-elle l’histoire d’Oris ?
La première montre Oris dotée de l’affichage Pointer Date est apparue en 1938. Après le rachat, nous avons décidé de nous concentrer sur les montres mécaniques, et c’est à ce moment-là que nous avons fait de cette complication légendaire une pierre angulaire de notre collection. Elle est toujours là aujourd’hui, depuis près de 90 ans.
Quel rôle joue-t-elle dans la représentation mondiale d’Oris ?
Le message clé que j’ai porté dans le dans le monde était celui des valeurs d’Oris : passion pour les montres mécaniques, fier héritage depuis 1904, nos origines suisses, notre désir d’explorer de nouvelles voies et notre indépendance de pensée et d’action.
La Big Crown Pointer Date a toujours magnifiquement raconté cette histoire, devenant une icône Oris.
Et maintenant la version « Bullseye » fait son retour. Quelle est son histoire ?
Ce style est apparu dans une montre Oris dans les années 20 et a connu une grande popularité des années 40 aux années 70.
Je l’ai toujours apprécié et nous y sommes revenus après le rachat, mais comme cela arrive parfois, les designs se perdent dans le temps. Le dernier datait de 1998.
Le redécouvrir récemment nous a rappelé toute sa force. C’est un plaisir de le voir renaître.
Un demi-siècle dans l’horlogerie : quelle est votre vision aujourd’hui ?
Je regrette de constater que de plus en plus, seules les personnes aux revenus supérieurs à la moyenne peuvent s’offrir des montres mécaniques, et qu’un nombre croissant d’entreprises emprunte cette voie.
Nous croyons depuis toujours aux montres mécaniques Swiss Made à des prix qui ont du sens. Elles apportent de la joie ! Tout comme il y a 50 ans, je suis convaincu qu’il y aura toujours des personnes séduites par cette vision.
Oris sera toujours là pour elles.









