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Quand le maitre des montres molles réclamait la sienne : les derniers mots de Salvador Dali


Par | Publié le 10/06/2026 à 01:00 | mis à jour le 09/06/2026 à 06:55

Le 23 janvier 1989, à l’hôpital de Figueras (Espagne, Catalogne), le rideau tombait sur la vie de Salvador Dalí… Le génie du surréalisme s’éteignait à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui une œuvre immense et une ultime énigme… Lors de son dernier souffle, l'artiste murmura une dernière phrase, rapportée par son entourage direct : ¿ Donde está mi reloj ?...


Pour l'homme qui avait passé sa vie à défier les conventions, à distordre la réalité et à étirer les heures dans ses horloges molles, cette dernière obsession sonne comme une mise en abyme absolue.
 
Sentait-il le temps lui échapper définitivement ? Cherchait-il à figer les aiguilles avant le grand saut dans l'éternité ? Si certains biographes évoquent une autre fin, plus tragique avec cette phrase « je ne veux pas mourir », la postérité a retenu cette interrogation horlogère « ¿ Donde está mi reloj ? ».
 
Difficile cependant, de savoir si le génie de Figueras parlait de sa montre de poignet qui se dit « reloj de pulsera » en Espagnol ou d’une horloge murale ou de table qui se dit soit « reloj de pared » ou « reloj de sobremesa ».
 
Dans tous les cas, il s’agit là d’une sortie de scène magistrale, d'une cohérence poétique rare pour celui qui avait fait du temps l'un de ses plus grands terrains de jeu.

​La persistance de la mémoire ou l'invention de la « montre molle »

Impossible d’évoquer Dalí et l’horlogerie sans plonger dans les eaux de son chef-d’œuvre de 1931 : La Persistance de la mémoire (exposé au MoMA à New York). C’est là que naissent ses célèbres montres molles, devenues l'un des symboles les plus puissants de l'art moderne.
 
La légende veut que l'idée de ces montres « dégoulinantes » soit apparue à Dalí à la fin d'un repas, en observant les restes d'un fromage de camembert particulièrement coulant et crémeux.
 
En rendant les montres liquides, Dalí rejette la rigidité du temps mécanique et universel. Pour lui, le temps est purement subjectif, psychologique et intimement lié à la mémoire ou aux rêves.
 
Une vision presque prémonitoire, contemporaine des théories d'Albert Einstein sur la relativité du temps et de l'espace.
 
En s'interrogeant sur son horloge à l'article de la mort, Dalí a-t-il refermé la boucle de sa propre mythologie… Le créateur des montres les plus célèbres de l'histoire de l'art quittant la vie en cherchant la sienne…