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Un « concept watch » Sport & Style avec Marvin


Le magazine Sport & Style (L’Equipe) s’est rapproché de la marque horlogère suisse Marvin pour créer un « concept watch » ultra-original et surprenant. Plus concrètement, ce garde-temps « sportif mais raffiné » a puisé son inspiration dans les sports motonautiques et bien évidemment mécaniques, deux univers chers au mensuel, mais également, dans le classicisme horloger. Résultat, une montre résolument virile et imposante qui présente de surcroit, une véritable spécificité technique ! Après plus d’une année de recherche et développement, retour sur la genèse de ce projet.



Un « concept watch » Sport & Style avec Marvin
Tout a commencé il y a près d’un an et demi à la terrasse d’un café parisien…

Ce jour-là, il fait beau, très beau même. Et Cécile Maye, PDG de Marvin, est de passage pour honorer plusieurs rendez-vous, dont celui prévu avec le magazine « lifestyle » de L’Equipe…

Fondée en 1850, la manufacture Marvin fait clairement partie du patrimoine culturel de l’industrie suisse. Relancée il y a quelques années, cette maison incarne désormais une nouvelle vision de l’horlogerie qui se veut « dynamique, ambitieuse, abordable et différente ».

Ce jour-là, donc, il est question de Sébastien Loeb. Ambassadeur de la marque, le nonuple champion du monde de rallye a développé plusieurs chronos à son nom.

Mais comment retranscrire la personnalité d’un champion sur une montre ? Comment dessiner un garde-temps symbolisant le sport auto ? A quoi doit ressembler la montre d’un pilote de rallye ? Les arguments déboulent, les idées fusent, la discussion se poursuit dans un joyeux tumulte...

Et puis, l’idée arrive comme ça, l’air de rien, venue de nulle part. « Des séries limitées créées pour des champions, des marques automobiles, des films, des compétitions sportives ou même des maisons de mode, ça existe et ça continuera d’exister. En revanche, imaginer une montre qui concentrerait dans ses formes et sa conception l’architecture graphique et la ligne éditoriale d’un magazine, cela n’existe pas. Ou pas encore... » Un échange de regards, un sourire partagé. Et l’envie commune de saisir la balle au bond. L’idée est née comme ça.

Un « concept watch » Sport & Style avec Marvin
Quelques semaines plus tard, rendez-vous chez Marvin dans le petit village suisse de Vaumarcus avec vue plongeante sur le lac de Neuchâtel.

L’idée a grandi, elle est devenue un projet : créer une montre Sport & Style en partenariat avec Marvin.

Pour ce premier grand rendez-vous, Christophe Simon, le directeur de création du magazine, a préparé une planche d’inspiration –un « mood board » dans le jargon– qui résume en images les valeurs véhiculées par Sport & Style.

De la beauté intemporelle d’Ursula Andress à la classe innée de Muhammad Ali, des lignes tirées d’une Cadillac à la finesse d’une pointe de harpon, de l’esprit de la glisse à celui de L’Équipe, l’univers Sport & Style se raconte en une cinquantaine de photos.

Sébastien Perret –le designer de Marvin qui travaille également pour plusieurs autres marques– est là, lui aussi. Il s’empare de ces éléments. Et comprend immédiatement où on veut l’emmener. « Car, dans nos rêves comme dans notre esprit, la montre Sport & Style existe déjà. On la voit d’inspiration motonautique, sportive et raffinée, bien évidemment mécanique et présentant une vraie spécificité technique. On la voit aussi puiser certains de ses codes esthétiques dans le plus traditionnel des classicismes horlogers. Elle doit être suffisamment différente pour surprendre et raisonnablement académique pour ne pas brusquer les puristes. Un mouton à cinq pattes ? Et pourquoi pas. Last but not least, elle doit pouvoir être fabriquée, commercialisée et vendue » remarquent les responsables de ce projet un peu fou.

Un long brainstorming se nourrit pendant plusieurs semaines d’une saine confrontation d’idées entre les équipes de Marvin et de Sport & Style. On puise une idée par-ci, une autre par-là. On veut un boîtier aussi solide qu’un bathyscaphe et aussi transparent qu’un aquarium. On veut du caoutchouc naturel pour le bracelet. On veut aussi une montre étanche, à l’esprit nautique, mais pas une montre de plongée que l’on immergerait dans les grandes profondeurs. On veut un produit de plaisir, de désir, pas un instrument technique à un prix inabordable.

Et on impose une contrainte : un cadran iconoclaste. Car le cadran, c’est le visage d’une montre, son passeport, son visa. « Je suis d’accord pour jouer le jeu de la transparence, mais si on veut un boîtier transparent, on doit avoir quelque chose à montrer » explique Sébastien Perret. La remarque fait mouche. Et le projet continue d’avancer jour après jour.

Les premiers coups de crayons donnent le ton. Plusieurs pistes apparaissent. Le boîtier sera rond, classique. Il sera accueilli sur un brancard ergonomique qui l’arrimera au bracelet. Justement, comment intégrer ce dernier à l’ensemble ? Doit-on le lover sous le boîtier ? Le débat se poursuit avec, en filigrane, une volonté commune : la faisabilité du projet. Il n’est pas question de créer une montre Marvin de collection, ni d’imaginer un énième concept watch futuriste qui ne dépasserait pas le stade des études en 3D. La montre Sport & Style doit pouvoir être fabriquée et donc s’inscrire dans un projet industriel. Cette donnée impose des aménagements et dicte certains choix stylistiques. Après plusieurs mois et de nombreux essais réalisés sur ordinateur, la silhouette générale prend forme. Mais toujours pas de cadran !

Un « concept watch » Sport & Style avec Marvin
Un dimanche matin de brocante, on tombe en arrêt devant un vieux transmetteur d’ordre Chadburn. Pièce maîtresse des commandes, cet instrument mécanique était installé sur la passerelle d’un paquebot britannique et permettait de transmettre les ordres –concernant la propulsion– de la passerelle de commandement à la salle des machines.

Fixé sur un pied massif, son cadran est circulaire, blanc cassé, avec différentes indications liées au bon fonctionnement du moteur (Dead Slow, Slow, Half, Full, Stop, Stand By...) : en noir pour machine avant, en rouge pour machine arrière.

Mieux, il comporte deux aiguilles, l’une commandée de la passerelle et l’autre de la salle des machines. Pas de doute, c’est ça ! Coup de fil au designer. L’idée lui plaît. C’est maintenant à lui de jouer pour modéliser l’ensemble. Entre-temps, la silhouette de la montre a considérablement évolué. Le boîtier vissé, toujours rond, s’est affiné.

Pour jouer sur la transparence, la montre est « ouverte » à 360 degrés : glace saphir sur le dessus, sur le fond, flancs largement ajourés pour admirer la coupe du mouvement. Impossible, du coup, de placer la couronne de remontoir à 3 heures. Résultat : elle sera intégrée à 12 heures. Le bracelet en caoutchouc est désormais fixé à l’ensemble grâce à des cornes plongeantes presque invisibles et parfaitement ergonomiques.

Le cadran, lui aussi, prend forme. Son design s’inspire donc de celui d’un transmetteur d’ordre de paquebot et ses chiffres –en lettres– se logent dans douze quartiers de même taille. Il y a deux aiguilles : l’une pour les minutes en regard d’une lunette interne graduée, l’autre –plus large et ajourée– pour les heures. Et tout se joue au niveau des aiguilles. Classique, celle des minutes fait le tour du cadran. En revanche, celle des heures est fixe !

Comment indiquera-t-elle l’heure ? « Le cadran tourne sur lui-même » répond Sébastien Perret, le designer. « Comme sur certaines montres à guichets des années 70, le cadran sera un disque réalisé en alliage très léger et tournera au gré des heures. On appelle ça un cadran traînant. » Banco ! L’idée séduit tout le monde. Pour lui offrir une once de légèreté, le support du cadran est vissé sur la platine grâce à quatre œillets comme le sont les horloges de cloison dans les bateaux. Et le mouvement mécanique à remontage automatique, qui lui délivre l’énergie nécessaire à son bon fonctionnement, est comme suspendu dans le vide. Encore cette idée de transparence, primordiale.

Voilà donc le premier concept watch « Sport & Style by Marvin » qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet. Une montre masculine, d’inspiration motonautique, sportive et différente. « À partir de maintenant, nous allons commencer à travailler sur sa faisabilité technique avec la volonté de la commercialiser dans une ligne capsule à l’échéance 2013/2014 », explique Cécile Maye. Comme sur toutes les montres Marvin, le huit –chiffre fétiche de la marque– est rouge. Idem pour la lunette. Le logo de Sport & Style est gravé discrètement sur la masse oscillante du mouvement automatique, visible grâce au fond saphir du fond du boîtier.

Prochaine étape ? La création d’un premier prototype.

Montres-de-luxe.com | Publié le 2 Novembre 2012 | Lu 1504 fois



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