Hublot : le retour aux sources
Il est parfois nécessaire de revenir au commencement pour mieux comprendre ce qu’une marque est devenue (surtout dans cette période troublée où la marque « se cherche »).
Avec la Classic Fusion Tributo, Hublot remonte le fil de sa propre histoire et retrouve une montre dont le dessin, imaginé par Carlo Crocco en 1980, avait alors quelque chose de profondément singulier.
Un boîtier en or, un bracelet en caoutchouc noir qui sentait la vanille, une lunette ponctuée de douze vis apparentes et un cadran d’une grande sobriété : autant de choix qui ont contribué à forger l’identité de la maison bien avant l’avènement de la Big Bang.
Une petite révolution à l’époque dans l’industrie feutrée de l’horlogerie de luxe.
Quarante-six ans plus tard, cette silhouette revient sous une forme actualisée, mais volontairement -assez- fidèle à son modèle. Une Classic Fusion Tributo qui rappelle que l’ADN de Hublot ne commence pas en 2005, avec le succès de la Big Bang de Jean-Claude Biver, mais bien un quart de siècle plus tôt, dans l’intuition de son fondateur, l’Italien Carlo Crocco (qui avait d’ailleurs été invité à Milan pour la relance de ces deux nouveautés).
Avec la Classic Fusion Tributo, Hublot remonte le fil de sa propre histoire et retrouve une montre dont le dessin, imaginé par Carlo Crocco en 1980, avait alors quelque chose de profondément singulier.
Un boîtier en or, un bracelet en caoutchouc noir qui sentait la vanille, une lunette ponctuée de douze vis apparentes et un cadran d’une grande sobriété : autant de choix qui ont contribué à forger l’identité de la maison bien avant l’avènement de la Big Bang.
Une petite révolution à l’époque dans l’industrie feutrée de l’horlogerie de luxe.
Quarante-six ans plus tard, cette silhouette revient sous une forme actualisée, mais volontairement -assez- fidèle à son modèle. Une Classic Fusion Tributo qui rappelle que l’ADN de Hublot ne commence pas en 2005, avec le succès de la Big Bang de Jean-Claude Biver, mais bien un quart de siècle plus tôt, dans l’intuition de son fondateur, l’Italien Carlo Crocco (qui avait d’ailleurs été invité à Milan pour la relance de ces deux nouveautés).
1980 : l’or et le caoutchouc comme manifeste
Lorsque Carlo Crocco présente sa première montre à la Foire de Bâle, sous le nom de MDM Genève, le mariage de l’or et du caoutchouc détonne dans un univers horloger encore largement attaché aux conventions du luxe traditionnel.
La montre porte le nom de Hublot, en référence au hublot de navire dont elle reprend notamment la lunette circulaire et les vis apparentes. Le hublot aura donc inspirer de nombreuses montres…
Le parti pris est aussi simple que radical. Le métal précieux conserve ses lettres de noblesse, mais il est associé à un matériau jusque-là peu attendu dans cet univers.
Le bracelet en caoutchouc noir, la boîte relativement fine et le cadran dépouillé composent une esthétique immédiatement reconnaissable. Hublot ne cherche pas à multiplier les ornements : elle construit son identité sur le contraste des matières et la force du dessin.
Cette idée fondatrice mérite d’être rappelée à l’occasion de la nouvelle Tributo. Comme nous le soulignions dans notre récent article consacré aux Hublot MDM d’origine, l’histoire de la marque ne saurait se résumer à l’émergence de la Big Bang. Bien au contraire !
La collection lancée par Carlo Crocco possède sa propre cohérence esthétique et constitue le socle sur lequel les développements ultérieurs ont pu s’appuyer. Et d’ailleurs les véritables collectionneurs qui n’achètent pas les Hublot contemporaines ne tarissent pas d’éloges sur les MDM…
La montre porte le nom de Hublot, en référence au hublot de navire dont elle reprend notamment la lunette circulaire et les vis apparentes. Le hublot aura donc inspirer de nombreuses montres…
Le parti pris est aussi simple que radical. Le métal précieux conserve ses lettres de noblesse, mais il est associé à un matériau jusque-là peu attendu dans cet univers.
Le bracelet en caoutchouc noir, la boîte relativement fine et le cadran dépouillé composent une esthétique immédiatement reconnaissable. Hublot ne cherche pas à multiplier les ornements : elle construit son identité sur le contraste des matières et la force du dessin.
Cette idée fondatrice mérite d’être rappelée à l’occasion de la nouvelle Tributo. Comme nous le soulignions dans notre récent article consacré aux Hublot MDM d’origine, l’histoire de la marque ne saurait se résumer à l’émergence de la Big Bang. Bien au contraire !
La collection lancée par Carlo Crocco possède sa propre cohérence esthétique et constitue le socle sur lequel les développements ultérieurs ont pu s’appuyer. Et d’ailleurs les véritables collectionneurs qui n’achètent pas les Hublot contemporaines ne tarissent pas d’éloges sur les MDM…
La Classic Fusion Tributo, assez fidèle au dessin originel
Au premier regard, la parenté est évidente. La nouvelle Classic Fusion Tributo reprend -en grande partie- les codes de la montre de 1980 : une boîte en or, un bracelet en caoutchouc noir, une lunette fixée par douze vis et un cadran volontairement épuré. Le diamètre progresse toutefois de 36 à 38 mm, tandis que l’épaisseur reste contenue à 9,5 mm.
Les vis légèrement bombées conservent leur relief caractéristique. Les cornes apparentes participent à la lecture architecturale de la boîte, et le guichet de date à trois heures demeure discret. La couronne vissée permet une étanchéité de 100 mètres.
Autre choix notable, Hublot renonce ici au système de changement rapide de bracelet One Click (qui n’aurait ici aucun intérêt) : la priorité est donnée à la fidélité au dessin historique plutôt qu’à l’adoption systématique des solutions développées depuis.
La montre originelle était animée par un mouvement à quartz (époque oblige) mais également avec quelques versions automatiques. La Tributo reçoit quant à elle, un calibre automatique HUB1711, doté de 185 composants et battant à 28 800 alternances par heure. Sa réserve de marche atteint environ 50 heures. Visible à travers le fond saphir, la masse oscillante ajourée reprend la forme du célèbre H de Hublot.
Deux interprétations d’un même héritage
La Classic Fusion Tributo est proposée en or jaune ou en or blanc. Les deux versions partagent le même diamètre, la même étanchéité et le même calibre, mais leur personnalité diffère sensiblement.
La version en or jaune est sans doute la plus directement liée à la montre originelle. Son cadran noir mat, subtilement nuancé d’anthracite, fait ressortir le contraste entre le métal précieux et le bracelet en caoutchouc. La masse oscillante en or jaune 22 carats prolonge cette harmonie jusque dans le mouvement.
À six heures apparaît une discrète signature MDM, imprimée en or. Ce détail mérite une attention particulière : il ne s’agit pas d’un simple rappel graphique, mais d’un retour explicite à l’appellation MDM Genève* qui accompagnait les premières Hublot. Le sigle renvoie également à la fondation Main Dans la Main, créée par Carlo Crocco en 1998.
La version en or blanc adopte une approche plus formelle. Son cadran en onyx noir poli, associé aux vis noires de la lunette, accentue la profondeur du dessin. La masse oscillante en tungstène noir participe à cette interprétation plus contemporaine, presque plus discrète malgré la présence de l’or.
La version en or jaune est sans doute la plus directement liée à la montre originelle. Son cadran noir mat, subtilement nuancé d’anthracite, fait ressortir le contraste entre le métal précieux et le bracelet en caoutchouc. La masse oscillante en or jaune 22 carats prolonge cette harmonie jusque dans le mouvement.
À six heures apparaît une discrète signature MDM, imprimée en or. Ce détail mérite une attention particulière : il ne s’agit pas d’un simple rappel graphique, mais d’un retour explicite à l’appellation MDM Genève* qui accompagnait les premières Hublot. Le sigle renvoie également à la fondation Main Dans la Main, créée par Carlo Crocco en 1998.
La version en or blanc adopte une approche plus formelle. Son cadran en onyx noir poli, associé aux vis noires de la lunette, accentue la profondeur du dessin. La masse oscillante en tungstène noir participe à cette interprétation plus contemporaine, presque plus discrète malgré la présence de l’or.
Hublot, entre mémoire et nouvelle étape stratégique
Cette réapparition des codes de 1980 prend une résonance particulière dans le contexte actuel de Hublot.
La marque a bâti une grande partie de sa notoriété internationale sur la Big Bang, lancée en 2005 sous l’impulsion de Jean-Claude Biver. Avec son boîtier multicouche, ses volumes affirmés et ses associations de matériaux, celle-ci a profondément renouvelé le langage esthétique de la maison.
Mais cette évolution ne doit pas faire oublier Carlo Crocco. La Big Bang a transformé et amplifié un principe qui existait déjà : associer des matériaux inattendus, assumer un dessin identifiable et refuser une conception trop conventionnelle de la montre de luxe.
C’est aussi ce qui rend intéressant le rapprochement entre la Tributo et l’arrivée de François-Henry Bennahmias comme consultant auprès de Hublot.
L’ancien dirigeant d’Audemars Piguet, qui a quitté ses fonctions exécutives à la fin de 2023 après avoir contribué à renforcer considérablement la visibilité de la manufacture du Brassus, est appelé à apporter son expérience stratégique à la marque de LVMH. Julien Tornare demeurant son CEO.
Les contours précis de cette mission n’ont pas été publiquement détaillés. Il serait donc prématuré d’y voir l’annonce d’une nouvelle stratégie produit ou d’un changement de direction. Il n’en reste pas moins que l’arrivée d’une personnalité aussi expérimentée intervient à un moment intéressant : Hublot dispose d’une identité mondialement connue, mais doit continuer à faire vivre son héritage tout en insufflantde la désirabilité de ses collections.
Reste à savoir quelle place cette mémoire retrouvera dans les développements futurs de la marque. Une réédition réussie ne suffit pas à dessiner une politique de collection, mais elle peut contribuer à clarifier ce qui distingue une maison de ses concurrentes.
La marque a bâti une grande partie de sa notoriété internationale sur la Big Bang, lancée en 2005 sous l’impulsion de Jean-Claude Biver. Avec son boîtier multicouche, ses volumes affirmés et ses associations de matériaux, celle-ci a profondément renouvelé le langage esthétique de la maison.
Mais cette évolution ne doit pas faire oublier Carlo Crocco. La Big Bang a transformé et amplifié un principe qui existait déjà : associer des matériaux inattendus, assumer un dessin identifiable et refuser une conception trop conventionnelle de la montre de luxe.
C’est aussi ce qui rend intéressant le rapprochement entre la Tributo et l’arrivée de François-Henry Bennahmias comme consultant auprès de Hublot.
L’ancien dirigeant d’Audemars Piguet, qui a quitté ses fonctions exécutives à la fin de 2023 après avoir contribué à renforcer considérablement la visibilité de la manufacture du Brassus, est appelé à apporter son expérience stratégique à la marque de LVMH. Julien Tornare demeurant son CEO.
Les contours précis de cette mission n’ont pas été publiquement détaillés. Il serait donc prématuré d’y voir l’annonce d’une nouvelle stratégie produit ou d’un changement de direction. Il n’en reste pas moins que l’arrivée d’une personnalité aussi expérimentée intervient à un moment intéressant : Hublot dispose d’une identité mondialement connue, mais doit continuer à faire vivre son héritage tout en insufflantde la désirabilité de ses collections.
Reste à savoir quelle place cette mémoire retrouvera dans les développements futurs de la marque. Une réédition réussie ne suffit pas à dessiner une politique de collection, mais elle peut contribuer à clarifier ce qui distingue une maison de ses concurrentes.
Hublot Régulateur MDM : le chaînon oublié ?
Présentée en 2004, la Hublot Régulateur MDM constitue une étape intéressante dans l’évolution du dessin de la marque, à la veille de l’arrivée de la Big Bang.
À la différence des premières Hublot, dont le cadran privilégiait une lecture traditionnelle de l’heure, la Régulateur introduit une organisation distincte des indications : les heures, les minutes et les secondes sont séparées. L’affichage des heures prend place à douze heures, tandis que les secondes sont indiquées à six heures. Les minutes occupent l’axe principal.
Cette disposition, historiquement associée aux instruments de précision utilisés par les horlogers pour les horloges de marine, donne au cadran une personnalité technique plus affirmée. La montre de 38 mm conserva néanmoins les éléments familiers de la collection : le bracelet en caoutchouc, la lunette à vis apparentes et une silhouette qui demeurait fidèle au vocabulaire Hublot.
La Régulateur fut proposé à l’époque dans plusieurs versions, notamment en acier et en or. Elle apparaît ainsi comme une évolution de la collection Classic, mais aussi comme le signe d’une recherche esthétique qui dépasse la seule combinaison de matériaux.
L’année 2004 est particulièrement intéressante. Jean-Claude Biver prend alors la direction de Hublot et prépare une nouvelle phase de développement. La Big Bang sera dévoilée en 2005, avec un boîtier plus complexe, une construction en plusieurs parties et des associations de matériaux plus affirmées.
Peut-on pour autant considérer la Régulateur comme le chaînon entre les Hublot MDM de Carlo Crocco et les futures Big Bang ? C’est une lecture séduisante, à condition de la présenter comme telle.
La proximité chronologique est réelle et le Régulateur montre que la marque explorait déjà de nouvelles expressions de son identité avant le lancement de la collection qui allait la rendre mondialement célèbre.
Cette référence rappelle aussi que la transition entre les deux périodes ne se résume pas à une rupture soudaine en 2005. La Hublot Régulateur MDM appartient à cette période charnière durant laquelle les codes historiques de la marque commencent à évoluer, tout en restant immédiatement reconnaissables…
À la différence des premières Hublot, dont le cadran privilégiait une lecture traditionnelle de l’heure, la Régulateur introduit une organisation distincte des indications : les heures, les minutes et les secondes sont séparées. L’affichage des heures prend place à douze heures, tandis que les secondes sont indiquées à six heures. Les minutes occupent l’axe principal.
Cette disposition, historiquement associée aux instruments de précision utilisés par les horlogers pour les horloges de marine, donne au cadran une personnalité technique plus affirmée. La montre de 38 mm conserva néanmoins les éléments familiers de la collection : le bracelet en caoutchouc, la lunette à vis apparentes et une silhouette qui demeurait fidèle au vocabulaire Hublot.
La Régulateur fut proposé à l’époque dans plusieurs versions, notamment en acier et en or. Elle apparaît ainsi comme une évolution de la collection Classic, mais aussi comme le signe d’une recherche esthétique qui dépasse la seule combinaison de matériaux.
L’année 2004 est particulièrement intéressante. Jean-Claude Biver prend alors la direction de Hublot et prépare une nouvelle phase de développement. La Big Bang sera dévoilée en 2005, avec un boîtier plus complexe, une construction en plusieurs parties et des associations de matériaux plus affirmées.
Peut-on pour autant considérer la Régulateur comme le chaînon entre les Hublot MDM de Carlo Crocco et les futures Big Bang ? C’est une lecture séduisante, à condition de la présenter comme telle.
La proximité chronologique est réelle et le Régulateur montre que la marque explorait déjà de nouvelles expressions de son identité avant le lancement de la collection qui allait la rendre mondialement célèbre.
Cette référence rappelle aussi que la transition entre les deux périodes ne se résume pas à une rupture soudaine en 2005. La Hublot Régulateur MDM appartient à cette période charnière durant laquelle les codes historiques de la marque commencent à évoluer, tout en restant immédiatement reconnaissables…













