Sotheby’s : une vente de haute horlogerie en novembre avec des pièces d’exception pour les marchés chinois et turcs


La grande maison Sotheby’s Genève propose une belle vente aux enchères de pièces de haute-horlogerie le 14 novembre prochain à Genève à l’hôtel Beau-Rivage. Reflet de l’évolution de la haute horlogerie de 1620 à nos jours, cette session aura pour pièces-phares une collection de garde-temps en émail fabriqués au cours des 18ème et 19ème siècles pour les marchés chinois et turc. Les 244 lots de la vente estimée à plus de 5,5 millions de francs suisses (env. 4 millions d’euros) comprendront également des modèles « vintage » et modernes de montres ainsi que des montres de poche anciennes. A noter également, pour vous, mesdames, l’un des plus beaux diamants au monde revenant sur le marché après 60 ans, un diamant rose « Fancy Intense Pink » de 24,78 estimé entre 27 et 38 millions de francs suisses (20/27 millions d’euros).



A propos de cette vente d’automne, Geoffroy Ader, président du département européen de Haute Horlogerie chez Sotheby’s Genève a déclaré : « Les dernières ventes ont souligné un attrait considérable et grandissant pour des garde-temps de grande qualité historique et décorative. Parmi ces derniers, les modèles rares de montres et d’automates en émail fabriqués pour les marchés chinois et turc sont tout particulièrement recherchés par les acheteurs du Moyen-Orient et d’Asie. Cette sélection a été pensée afin de répondre à cette demande, tout en proposant une sélection unique de montres anciennes et modernes répondant à l’inaltérable désir de qualité des acheteurs du monde entier ».

Garde-temps et automates en émail

Sotheby’s : une vente de haute horlogerie en novembre avec des pièces d’exception pour les marchés chinois et turcs
Montres & automates en émail pour le marché chinois

La vente comprendra une sélection de pièces d’importance historique, parmi lesquelles des garde-temps et des automates fabriquées aux 18ème et 19ème siècles pour le marché chinois. Les premières relations commerciales entre les horlogers suisses et la Chine débutèrent à la Cour de Constantinople à la fin du 16ème siècle. Les exportations suisses reposaient alors sur le bon vouloir des marchands britanniques qui bénéficiaient d’un accès inégalé au marché chinois grâce à leurs comptoirs.

Objets de curiosité dans un premier temps, la haute horlogerie suisse et européenne devint de plus en plus recherchée dans les cercles des dignitaires chinois sous le règne de l’Empereur Qianlong (1736-1796). L’instauration de relations directes avec la Chine permit aux horlogers suisses de dominer ce commerce florissant du début du XIXème siècle et ce, jusqu’à la Guerre de l’Opium (1840-1842).

Horlogers, orfèvres, peintres sur émail et graveurs collaborèrent à la création de pièces uniques pour le marché chinois. L’application des métiers d’arts décoratifs à la création horlogère est illustrée par l’une des pièces-phares de la vente : un automate représentant une chenille (en photo), en or et en émail, serti de pierres et de perles, attribué à Henri Maillardet et fabriqué vers 1800 (est. 350’000-450'000 francs suisses). Reproduisant l’ondulation gracieuse de la chenille, cette création est un remarquable exemple de l’art des automates.

Particulièrement appréciés en Orient, les automates étaient utilisés pour animer une large gamme d’objets, dont les garde-temps. La pièce présentée ici recèle d’un génie comparable à celui qui anime le célèbre automate ressort-activé de Maillardet. Ecrivant des vers en français et en anglais, cet objet singulier demeura d’origine inconnue jusqu’en 1928, lorsque, restauré par le Franklin Institute de Philadelphie, il révéla lui-même le nom de son inventeur en inscrivant « écrit par l’automate de Maillardet ».

Témoignant du savoir-faire extraordinaire et de l’imagination nécessaires à la fabrication des pièces destinées au marché chinois, un couteau musical d’une grande rareté, en or et en émail serti de perles et réalisé vers 1800 sera mis en vente avec une estimation de 125’000-175'000 francs suisses.

La fascination de l’Empereur de Chine et de sa cour pour les innovations techniques et les peintures décoratives européennes apparait également à travers une montre à lorgnette musicale en or et en émail, sertie de diamants et de perles, fabriquée vers 1800 par Piguet et Meylan (est. 150’000-200'000 francs suisses). Passés maîtres dans l’art de marier les automates et les montres ornementales, Piguet et Meylan employaient quelques-uns des meilleurs peintres sur émail pour la décoration de leurs montres. Certaines de leurs créations font aujourd’hui partie des plus grandes collections, telles que celles du Metropolitan Museum of Art de New York, du Patek Philippe Museum de Genève, du Musée d’Horlogerie du Locle.

L’exotisme subtil des montres dites « chinoises » apparaît dans une rare paire de montres à secondes au centre, en or, émail et pierres dures, serties d’éclats de perles fabriquées pour le marché chinois vers 1800 (est. 80’000-120'000 francs suisses). Accompagnées de leur clé d’origine, ces montres sont attribuées à William Ilbery, réputé pour quelques-unes des plus belles pièces destinées au marché chinois. L’extraordinaire talent d’Ilbery est exposé dans le monde entier, notamment au Patek Philippe Museum de Genève.

Les montres « chinoises » étaient souvent fabriquées par paire, à l’instar des montres d’Ilbery et de la magnifique paire de montres à secondes au centre, avec ouverture frontale en or et en émail, serties de perles, réalisées vers 1800 par Just & Fils (est. 25’000 – 35'000 francs suisses). Les arguments des historiens divergent quant aux motifs de cette fabrication par paire. Stratégie commerciale destinée à augmenter les ventes pour les uns, il s’agissait pour d’autres d’une nécessité au cas où il faille renvoyer une montre en Europe pour la faire réparer. La récurrence des paires révèle peut-être également un souci de s’inscrire dans la tradition de la philosophie taoïste du Yin et du Yang qui voulait qu’on offre des doublets.

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Garde-temps et automates en émail destinés au marché turc

Parmi les autres pièces clé de cette sélection figurent des garde-temps anciens fabriqués pour le marché turc. Au 17ème siècle, des horlogers de Genève, de Paris et de Blois entreprirent des relations commerciales avec l’Empire Ottoman. S’en suivit l’installation, à Constantinople, d’une colonie d’horlogers genevois dans le quartier de Galata, réservé à l’époque aux Occidentaux. Isaac Rousseau, père du philosophe Jean-Jacques Rousseau, était lui-même posté au service du Sultan au Palais de Topkapi en tant qu’« horloger du sérail », comme Les Confessions le révèlent*.

La vente comprendra des montres élaborées à la fin du 18ème siècle et début du 19ème siècle, une période coïncidant avec le retour en Europe de la production destinée à l’Empire Ottoman. Ces montres se distinguent par leur cadran orné de chiffres turcs, comme le montre un chronomètre extrêmement rare avec indication de la date, réalisé vers 1830 par Aug. Courvoisier & Cie, à la Chaux de Fonds. Le cimetière d’Eyüp est représenté au dos de cette pièce, estimée à 15’000-20'000 francs suisses.

Egalement ornée de thèmes figuratifs -une liberté par rapport à la tradition ornementale musulmane que les horlogers s’autorisèrent de plus en plus à partir du 18ème siècle, une montre en or et en émail à répétition à quarts, réalisée vers 1800 par Furet à Paris représente une vue du Bosphore (est. 8’000-12'000 francs suisses).

Au-delà de leurs attraits esthétiques, les montres destinées au marché turc sont les témoins des avancées technologiques et scientifiques du 18ème siècle en matière de haute horlogerie, comme le révèle une montre en argent massif avec réveil datant d’environ 1790. Attribué à l’horloger parisien Pierre-François Gautrin, cet impressionnant garde-temps est orné d’une représentation de Chronos, le dieu du temps (est. 60’000 –80'000 francs suisses).

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Montres de poche anciennes

Sujets d’un intérêt croissant de la part des collectionneurs du monde entier, les montres de poche anciennes seront représentées par une sélection couvrant quatre siècles de fabrication horlogère, du 17ème au 20ème siècle.

Caractéristique du style puritain du 17ème siècle, une montre de forme ovale en argent et bordure en or, avec cadran solaire et boussole, réalisée par Cauchoys vers 1625 sera mise à l’encan avec une estimation de 15’000-20'000 francs suisses. Parmi les autres montres de poches du 17ème figurera une importante montre en argent avec calendrier, fabriquée vers 1650 par G. Nourisson, à Lyon (est. 20’000-30’000, francs suisses).

La création horlogère du 18ème sera mise en valeur par une impressionnante montre « crucifix » avec calendrier, ornée d’une représentation en émail du Christ au dos. Estimée à 30’000-50'000 francs suisses, cette pièce date d’environ 1760 et a été fabriquée au Site Leschot, à la Chaux de Fonds, un haut lieu de l’industrie horlogère du 18ème siècle. La sélection comprendra également une montre en agate à répétition à quarts, avec un jeu de châtelaine et son nécessaire, le tout réalisé vers 1760 par Cabrier – horloger de l’aristocratie française et des monarques européens des 17ème et 18ème siècles – (est. 25’000-35'000 francs suisses).

Ce panorama historique de montres de poche sera complété par une montre en or jaune à ouverture frontale, sertie de pierres dures, réalisée par Breguet, célèbre horloger suisse qui comptait parmi ses plus loyaux clients, Marie-Antoinette, Napoléon, la Reine de Naples et le tsar Alexandre Ier. Soulignant l’originalité, la facture et l’élégance des pièces de Breguet, cette montre a été décorée par les joailliers royaux Fossin et Fils. Prédécesseurs de Chaumet, leur création étaient convoitée par l’élite parisienne des années 1830 et 1840. Estimée à 30’000-50'000 francs suisses, cette montre fut vendue le 20 mars 1839 à Madame la Générale Adadouroff.

Montres-bracelets « vintage » et modernes

La sélection de montres-bracelets comprendra par ailleurs des modèles « vintage » et modernes, signés par les plus grandes maisons d’horlogerie.

Parmi les pièces-phares de la sélection figureront deux modèle rares du célèbre horloger genevois Patek Philippe : une montre-bracelet en or jaune de 18 carats, avec chronographe, calendrier, phases lunaires et certificat d’origine fabriquée en 1973 (réf. 2499, MVT 869464, Case 2700416) (est. 200’000 – 250'000 francs suisses) et une montre-bracelet en platine, de forme rectangulaire, avec tourbillon et réserve de marche de dix jours datant de 2007 (ref. REF 5101P, MVT 3361387, Case 4431646) et estimée à 210’000 –230’000 francs suisses).

Le savoir-faire de Patek Philippe sera par ailleurs largement mis à l’honneur, notamment avec une montre-bracelet chronographe en or de 18 carats avec certificat d’origine, datée de 1966 (ref 1463, MVT 869209, Case 2647864) (est. 120’000 – 180'000 francs suisses) et une montre-bracelet chronographe en or blanc de 18 carats, de forme « coussin » avec calendrier, phases lunaires et certificat d’origine réalisée en 1994 (ref. 5020, MVT 3045088, Case 2956040) (est. 120’000 – 150'000 francs suisses).

Suite au succès de la vente de montres Rolex en mai dernier, une sélection de pièces de la prestigieuse marque suisse illuminera également la vente. Notons l’un des plus célèbres modèles de la marque, un rare chronographe en acier inoxydable avec certificat d’origine (ref. 6263/6239), du modèle « oyster cosmograph Daytona », version « Paul Newman », datée de 1966 (est. 60’000 –80'000 francs suisses) et une montre militaire automatique, à secondes au centre, en acier inoxydable datée de 1976 ref. 5513, modèle « Oyster Perpetual Submatiner » (est. 40’000-60'000 francs suisses).

Informations pratiques

Vente : “Important watches”

Hôtel Beau-Rivage, Genève
Dimanche 14 Novembre 2010 à 20h00

Exposition :

Hôtel Beau-Rivage, Genève
Vendredi 12 Novembre, 15-18h00
Samedi 13 Novembre, 10-18h00
Dimanche, 14 Novembre, 10-18h00

* « Mon père (…) partit pour Constantinople, où il était appelé, et devint horloger du sérail.» Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Livre Premier (1712-1728).

Montres-de-luxe.com | Publié le 3 Novembre 2010 | Lu 3196 fois



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