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The Gentlemen saison 2 : quand le vêtement devient une affaire de pouvoir


Par | Publié le 11/09/2026 à 01:00 | mis à jour le 10/09/2026 à 06:15

Dans la deuxième saison de The Gentlemen, Guy Ritchie ne se contente pas de retrouver les codes visuels qui ont fait le succès de la série dans sa saison 1. En effet, le vestiaire des personnages accompagne leur ascension, leur transformation et, surtout, leur rapport au pouvoir. Une élégance britannique très codifiée, confrontée cette fois à une certaine nonchalance italienne.


Chez Guy Ritchie, les vêtements ne sont jamais tout à fait accessoires

En effet, ils participent pleinement à la construction des personnages au même titre que les voitures, les demeures, les armes, les montres ou les dialogues.
 
Dans la deuxième saison de The Gentlemen, disponible depuis le 3 septembre sur Netflix, cette dimension est encore plus visible. Eddie Horniman, devenu le 13e duc de Halstead et désormais installé dans le monde du crime organisé, n'a plus besoin de chercher sa place. Il l'occupe. Et de bien belle manière !
 
La costumière Loulou Bontemps, déjà en charge du vestiaire de la première saison, a ainsi conservé les fondamentaux du personnage tout en faisant évoluer certains détails.
 
Eddie porte toujours des costumes impeccablement coupés, des manteaux structurés, des brogues et les incontournables références au vestiaire country britannique. Mais quelque chose a changé : il porte désormais ses vêtements avec l'assurance d'un homme qui maîtrise les codes.

​Eddie Horniman : devenir gentleman, puis devenir patron

La trajectoire vestimentaire d'Eddie est probablement l'un des éléments les plus intéressants de la série (en tout cas pour l’amateur de beaux vêtements).
 
Dans la première saison, le personnage interprété par Theo James passait progressivement du statut d'aristocrate un peu distant à celui de gangster parfaitement à l'aise dans son nouvel environnement.
 
Dans la deuxième, cette évolution est désormais acquise. Comme l'explique Loulou Bontemps, Eddie est devenu pleinement propriétaire de son titre de duc et sait surtout comment s'habiller selon les circonstances.
 
Le début de la saison donne immédiatement le ton avec une scène de chasse où chaque détail compte : bretelles réalisées sur mesure, chaussettes travaillées, brogues, maille et surtout un pantalon de chasse particulièrement spectaculaire, descendant sous le genou.
 
Loulou Bontemps a même dû faire fabriquer ce modèle qui n'existait pas dans le commerce sous cette forme.
 
Ce n'est donc pas simplement le retour du tweed ou du vestiaire « old money » devenu très populaire sur les réseaux sociaux. L'intérêt réside précisément dans la connaissance des circonstances : on ne s'habille pas de la même manière pour chasser dans le Gloucestershire, assister à une réception mondaine ou entrer dans une salle de conseil.
 
Autrement dit, Eddie ne porte pas seulement de beaux vêtements : il sait quand les porter.

​Le pouvoir passe aussi par les couleurs

La saison 2 introduit également davantage de couleurs dans le vestiaire du duc. Le rouge apparaît notamment dans plusieurs tenues d'Eddie.
 
Ce choix n'est pas anodin. Loulou Bontemps l'associe explicitement à la puissance, au danger et à la colère. Le personnage n'est plus celui qui tente de rester discret derrière son titre et son héritage. Il est désormais devenu un homme puissant, riche et dangereux. Et il l’assume.
 
C'est une évolution subtile mais efficace : le costume cesse progressivement d'être un moyen de se fondre dans son environnement pour devenir un moyen de s'y imposer. De revendiquer un statut gagné de haute lutte.

​Susie Glass : l'élégance comme arme

Face à Eddie, Susie Glass adopte une stratégie radicalement différente.
 
Elle n'est pas issue de l'aristocratie et ne possède donc pas les mêmes codes historiques. Son pouvoir ne vient pas d'un titre ou d'un domaine familial. Elle doit le construire. Et son vestiaire le fait très clairement à sa place.
 
Kaya Scodelario apparaît ainsi dans un mélange de pièces de luxe, de vintage, de vêtements d'archives, d'imprimés et d'accessoires particulièrement affirmés. Talons hauts, bijoux imposants, foulards, sacs et lunettes oversize participent à ce que Loulou Bontemps décrit comme un véritable « power play ».
 
Là où Eddie pratique une forme de retenue aristocratique, Susie choisit l'accumulation.
 
Et c'est précisément ce qui rend son personnage intéressant. Elle ne cherche pas à reproduire les codes de l'aristocratie anglaise : elle crée les siens.
 
Son vestiaire devient une forme d'armure. Même dans les situations les plus improbables, Susie reste Susie Glass.
 
La costumière et Kaya Scodelario ont ainsi poussé cette logique jusque dans les détails les plus inattendus : l'apparence doit rester maîtrisée même lorsqu'elle se trouve dans un environnement où elle pourrait normalement abandonner toute sophistication.

​Quand l'Angleterre rencontre l'Italie

La grande nouveauté stylistique de cette deuxième saison est cependant ailleurs : en Italie.
 
L'univers de The Gentlemen quitte en partie les propriétés anglaises, les clubs privés et les domaines aristocratiques pour gagner le nord de l'Italie. Et le vestiaire suit naturellement le mouvement.
 
Pour Eddie, le tailoring devient plus souple. Les silhouettes se détendent, les matières changent et les couleurs prennent une tonalité plus méditerranéenne. Loulou Bontemps explique avoir travaillé avec des formes, des marques, des soieries et des cotons inspirés du vestiaire italien. Theo James lui-même évoque un Eddie plus décontracté et plus sûr de lui.
 
Le changement est particulièrement intéressant parce qu'il ne transforme pas Eddie en Italien. Il reste fondamentalement un gentleman britannique. Mais son environnement lui permet d'abandonner momentanément certaines contraintes du vestiaire anglais.
 
Même homme, autres circonstances, autre manière de s'habiller.

​Et les montres dans tout cela ?

Pour un magazine horloger, impossible évidemment de passer complètement à côté.
 
La deuxième saison réserve une évolution particulièrement intéressante au poignet d'Eddie. Selon Loulou Bontemps, les montres de la première saison correspondaient à des pièces susceptibles d'avoir été héritées de son père.
 
La saison 2 marque au contraire le moment où Eddie commence à acheter ses propres montres.
 
Le symbole est assez évident : il ne vit plus seulement de son héritage, il dépense désormais son propre argent et s’offre les garde-temps qu’il aime, autant dans le contemporain (Panerai en or, Speedmaster en or, Reverso en or) que dans le vintage avec Movado ou Omega.
 
Chez Eddie, la montre devient ainsi un marqueur discret de cette évolution : de l’héritage familial à l’acquisition choisie, de l’identité reçue à l’identité construite.




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