Montres-de-luxe.com
montres-de-luxe

F.P. JOURNE


F.P. Journe : vingt ans de résonance !

Alors que François-Paul Journe célèbre cette année les vingt ans de sa fameuse montre à résonance, l’horloger français a profité des Geneva Watch Days pour présenter, au sein de sa manufacture genevoise, la toute première rétrospective des différents modèles « résonance » qui ont jalonné sa carrière. Un beau retour en arrière qui lui permet d’aller de l’avant.


Vingt de résonance, ça ne pouvait pas passer inaperçu ! D’autant qu’au-delà de cette exception horlogère -F.P. Journe reste le seul à proposer cette complication dans cette configuration qui lui est propre-, cette rétrospective a permis à l’horloger français de se replonger dans ses archives et dans ses stocks de mouvements et de composants…
 
« Une quinzaine de jours avant l’exposition, nous n’avions que le cadran et le boiter en or du tout premier prototype » avoue François-Paul Journe. « Mais j’ai commencé à chercher dans mes archives, dans mon atelier, et j’ai retrouvé les différents composants qui étaient bien rangés, mais pas à la bonne place ».
 
Et le célèbre horloger de poursuivre : « en fait, dès que j’ai commencé l’assemblage de ce calibre, tout m’est revenu d’un coup à la mémoire. Mes souvenirs de l’époque sont remontés à la surface. Les souvenirs propres à ce mouvement bien sûr, mais également, tout ceux de cette période, de mes débuts ».
 
Une plongée dans le passé qui a permis à F.P. Journe de présenter, lors de cette rétrospective, ce prototype complet et en état de marche ! Un prototype dont l’histoire démarre en 1994, mais qui ne sera fonctionnel que quatre ans plus tard ; François-Paul Journe le portera « secrètement » pendant la Foire de Bâle 1998.

Un prototype dont l’importance est majeure dans la carrière de François-Paul Journe puisque la résonance, aux yeux des amateurs de garde-temps, est automatiquement associée à sa manufacture ! Pour faire simple et pour être très clair, pour tous les connaisseurs : résonance = François-Paul Journe.  
 
A noter d’ailleurs, pour l’anecdote, qu’une faute de Français apparait sur ce tout premier cadran de type Régence qui fut entièrement gravée de la main de M. Journe « himself » : en effet, le terme de résonance est écrit avec deux « n » au lieu d’un ! C’est dire si ce cadran de prototype est totalement unique et historique.
 
Cette montre en souscription a été l’un des éléments fondateurs de la carrière de François-Paul Journe ! C’est elle qui a servi à l’horloger de « modèle d’exposition » ; c’est elle qui était présentée aux éventuels clients, sachant que seuls ceux qui avaient acheté son tout premier tourbillon, également en souscription, pouvaient acheter cette résonance !
 
« Elle n’a jamais été vendue car un peu rayée » précise M. Journe, « elle est l’unique montre neuve avec la gravure neuve, et oubliée pendant vingt ans, émouvant ! Elle rejoindra la collection Histoire de la Manufacture ».

En vingt ans, la maison F.P. Journe a réalisé plusieurs versions de ce garde-temps (Dany Boon en possède une) : en 2000, les vingt premières étaient proposées en souscription comme au temps d’A-L Breguet.

C’est en 2001 qu’une toute première série entre en collection, puis arrive la série Ruthénium en 2001-2002, puis une collection avec mouvement en or rose en 2005 (l’une des marques de fabrique de la maison Journe), puis la Résonance 24 heures digitales en 2010, puis la Résonance 24 heures analogiques en 2019 et donc, cette année, le nouveau Chronomètre à Résonance.
 
Le Chronomètre à Résonance de 2020 présente un boîtier (disponible au choix en 40 ou 42 mm en platine ou or rouge) redessiné et surtout, une couronne maintenant placée à 2h (au lieu de midi peu pratique à cause de la proximité du bracelet) visant à faciliter le remontage de la montre en positon 0.

La mise à l‘heure se fait en position 2 de la couronne, dans le sens horaire pour le cadran de gauche (sur 24h) et dans le sens anti-horaire pour le cadran de droite (sur 12h). La couronne à 4h permet quant à elle la remise à zéro simultanée des secondes.
 
Lire aussi : Le fameux chronomètre à résonance de F.P. Journe fête ses vingt ans   
 
Côté mouvement (le 1520 en or rose à remontage manuel ; 21’600 Alt/h ; 378 composants), deux remontoirs d’égalité transmettent une force linéaire à chacun des deux balanciers afin de rester isochrone durant 28h.

Le nouveau Chronomètre à Résonance n’a plus qu’un seul ressort moteur pour les deux mouvements. Un différentiel placé sur la première roue, visible au centre du cadran (là encore, c’est la première fois que ce modèle dispose de cette spécificité), transmet la force du ressort moteur indépendamment vers les deux rouages secondaires. Chaque rouage secondaire est équipé d’un Remontoir d’Égalité d’une fréquence de 1 seconde. Fonctionnant ainsi, la force reçue aux échappements reste linéaire et assure l’isochronisme durant 28h.

Le cadran, parfaitement équilibré, est proposé en or gris ou en or 6N 18 ct. avec deux cadrans horaires en argent guilloché clous de Paris. La réserve de marche -42h- est située à midi entre les deux cadrans horaires. Cette montre d’exception sur porte sur un bracelet en alligator, en or ou en platine. Compter 113.800 euros pour la version or et 117.800 pour la version en platine.
 
Rappelons que le Chronomètre à Résonance F.P.Journe utilise donc le phénomène physique naturel de résonance sans transmission mécanique découvert à l’origine par Huygens. Pensée, développée et construite pour répondre aux exigences du porter au poignet et offrir une chronométrie poussée à l’extrême, cette montre représente un des défis les plus fous dans le domaine de la montre mécanique !

Plus concrètement, chacun des deux balanciers est alternativement « excitateur » et « résonateur ». Lorsque les deux balanciers sont en mouvement, ils entrent en sympathie et se mettent à battre naturellement en opposition. Les deux balanciers s’épaulent alors l’un l’autre, donnant plus d’inertie à leur mouvement.
 
Cet accord n’est toutefois possible que si la différence de fréquence de l’un à l’autre n’excède pas cinq secondes par jour de différence cumulée sur six positions. On comprend donc que leur réglage est donc d’une extrême finesse ! 
 
Alors qu’un mouvement perturbateur externe affecte le fonctionnement d’une montre mécanique traditionnelle, cette même perturbation produit, pour un Chronomètre à Résonance, un effet qui accélère un des balanciers autant qu’il ralentit l’autre. Et peu à peu, les deux balanciers reviennent l’un vers l’autre pour retrouver leur point d’accord, éliminant ainsi la perturbation et battant en parfaite synchronisation.
 
La nouvelle résonance de 2020 rencontre d’ores et déjà un franc succès auprès des amateurs, à tel point que la demande est plus forte que la production et qu’il y a déjà des délais d’attente pour l’année prochaine…



Montres-de-luxe.com | Publié le 8 Septembre 2020 | Lu 1039 fois