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Les Rolex « POW » : des montres de luxe pour des prisonniers de guerre


Antiquorum, la maison de ventes aux enchères spécialisée dans les montres de collection a proposé le 13 mai dernier à Genève de nombreux garde-temps exceptionnels dont deux chronographes Rolex 3525 expédiés à des prisonniers de guerre détenus en Pologne dans le Stalag Luft III durant la deuxième guerre mondiale. Revenons sur la fabuleuse histoire de ces montres historiques, notamment celle commandée par le caporal Clive Nutting.


Rolex 3525 de Clive Nutting (image Antiquorum)
Antiquorum, la maison de ventes aux enchères spécialisée dans les montres de collection a proposé le 13 mai dernier à Genève de nombreux garde-temps exceptionnels dont deux chronographes Rolex 3525 expédiés à des prisonniers de guerre détenus en Pologne dans le Stalag Luft III durant la deuxième guerre mondiale.

Revenons donc sur la fabuleuse histoire de ces montres historiques achetées par le caporal Clive Nutting et le major R.J. Henderson.

Ces montres ont été commandées à Rolex dans les années 40/41 par deux soldats, pendant qu’ils étaient retenus prisonniers au Stalag Luft III situé près de Bagan (actuelle Pologne). L’un était Canadien et l’autre, Clive James Nutting était un sujet britannique.

C’est plus spécifiquement de la montre de ce dernier dont nous allons parler… Le caporal Nutting a été capturé le 28 mai 1940 puis détenu au Stalag Luft III –celui-là même qui fut le théâtre de « La Grande Evasion » mise en scène par Hollywood en 1962. Clive Nutting a ainsi passé toute la guerre dans ce camp de prisonniers où il exerça le métier de cordonnier.


Rolex 3525 de Clive Nutting (image Antiquorum)
On ne sait pas trop comment les détenus faisaient pour choisir ces montres qui étaient principalement acquises par des officiers, « probablement à cause de leur prix » souligne Antiquorum.

Toujours est-il que de nombreux documents d’époque montrent que Rolex fournissait régulièrement des montres aux POW (Prisonners Of War en anglais) lors de la seconde guerre mondiale. Même si cette pratique était probablement limitée à certains camps tel que le fameux Stalag Luft III.

A l’époque, la fourniture de ces garde-temps auprès des POW était une opération financière pour le moins risquée. En effet, le fabricant adressait ses montres gracieusement à ses clients gradés, considérant qu’un officier, en véritable « gentleman » ne manquerait pas de régler sa facture après sa libération.

C’est ainsi qu’Hans Wilsdorf, horloger de nationalité allemande installée à Genève depuis 1919 pour des raisons fiscales participa à sa manière à l’effort de guerre. « Mais cette action permettait également à Rolex de tester ses montres dans des conditions extrêmes » précise Antiquorum. D’ailleurs, dans ses correspondances avec ses clients, la marque genevoise demandait souvent des informations quant au fonctionnement de ses "Oyster".

Plus concrètement, la Rolex 3525 Oyster Chronographe en acier inoxydable de Clive Nutting a été commandée le 10 mars 1943. Lorsque que Rolex a reçu l'ordre d'achat de ce Chronographe Oyster No. 122 de la part du caporal Clive Nutting (prisonnier 738), la direction de la marque genevoise a souligné « un inévitable délai dans la fabrication de cette pièce, non pas à cause des conditions de guerre ou des restrictions, mais à cause d’un grand nombre de commandes de la part des officiers » qui bénéficiaient alors de l’offre « achetez maintenant et payez quand vous le pourrez ».

Rolex 3525 de Clive Nutting (image Antiquorum)
La montre a probablement été envoyée le 10 juillet accompagnée d'une facture portant la mention « gratuit ». « La montre coûte actuellement 250 francs en Suisse mais ne vous préoccupez pas de payer pendant la durée de la guerre », écrivait alors à son client le fondateur de Rolex, Hans Wilsdorf, en soulignant la deuxième partie de la phrase.

Clive Nutting a été relâché le 28 mai 1945. A son retour en Grande-Bretagne, le caporal écrit à Rolex pour réclamer sa facture et demander l’adresse d’un horloger où faire régler sa montre qui prend une heure par jour « mais qui a bien résisté au froid » précise-t-il.

Ce n’est que trois ans après la guerre, en 1948, que M. Nutting recevra enfin une facture de Genève d’un montant 15 livres, 12 shillings et six pence. Il conservera sa montre jusqu'à sa mort en Australie en 2001, à l'âge de 90 ans. Elle fut ensuite achetée aux enchères par un Australien pour le tiers de son estimation actuelle, selon Antiquorum.

Le dernier "enregistrement" de la montre POW de Clive Nutting dans les archives date du 28 mars 2003. Il s’agissait d’une révision pour un montant de 2.356 dollars australiens… 63 ans après que son propriétaire d’origine devienne prisonnier de guerre.

Catalogue Antiquorum

Montres-de-luxe.com | Publié le 22 Mai 2007 | Lu 44658 fois



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