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Marché de l'occasion

Marché de l'occasion : les nouveaux champions de la cote ne sont pas ceux qu'on croit


Par | Publié le 08/04/2026 à 01:00 | mis à jour le 09/04/2026 à 07:31

Voici une analyse approfondie et très intéressante des données de Chrono24 (plateforme spécialisée dans la vente en ligne des montres d’occasion) bouscule les idées reçues : ainsi, sur les huit dernières années, la plus forte progression de valeur ne revient ni à Rolex, ni aux "icônes" à cinq chiffres, mais à des classiques plus abordables portés par une demande organique. Notamment la Tank en vermeil de chez Cartier qui a augmenté de près de 300 % !


Le triomphe de l'icône accessible : la Tank en vermeil

L’étude publiée par Chrono24 le 31 mars 2026 examine l’évolution des prix de transaction sur deux cycles : la période de croissance (2018-2022) et la phase de correction -parfois sévère- du marché (2022-2026).
 
Et le constat est sans appel : seize modèles ont doublé de valeur depuis 2018 sans jamais faiblir, même après l'éclatement de la bulle spéculative de 2022 (post-Covid).
 
Et contre toute attente, le grand vainqueur de ce classement Chrono24 est la Cartier Tank Vermeil (Réf. 1613) -que nous avions conseillé à l'achat il y a cinq ans.

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La Panthère qui s'en sort bien

Ce modèle en argent recouvert d’or, que l’on pouvait encore acquérir pour quelques centaines d’euros en 2018, affiche une progression spectaculaire de +299%. Il est disponible en deux tailles, L et S avec calibre mécanique quartz ou à remontage manuel.

Elle est suivie de près par la Cartier Panthère (en or jaune Réf. 1070 à +218% et en version bicolore Réf. 1057917 à +208%), deux modèles portés par la relance du modèle par Cartier en 2017.
 
Attention, cependant pour ces modèles vintage, bien faire attention à l’état du bracelet lors de l’achat. Si certains maillons sont « coincés » par le temps, la mise à taille peut s’avérer très compliquée voire impossible dans certains cas.

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Rolex : une valeur refuge, mais pas spéculative

Fait marquant de cette analyse : aucune Rolex ne figure dans le top des plus fortes progressions.

Si la marque à la couronne reste la plus échangée (sans aucun conteste possible), ses modèles emblématiques n'ont pas atteint les gains à trois chiffres des "petites" Cartier ou de certaines Omega.
 
Il faut dire également que ces modèles précités s’affichaient dans des gammes tarifaires particulièrement basses…
 
La Rolex Datejust 41 (Réf. 126334), l'une des références les plus vendues, enregistre une hausse de 59% depuis 2018. Une performance solide, mais tempérée par un prix d'entrée déjà élevé en 2018 et une stabilisation post-2022.

Des corrections sévères sont certains modèles qui étaient devenus hors de prix

L’étude de Chrono24 souligne que les modèles les plus "hypés" durant la pandémie, comme la Patek Philippe Nautilus 5712/1A (dont c’est l’anniversaire cette année) ou la Vacheron Constantin Overseas 4500V, ont subi des corrections sévères (jusqu'à -45 % par rapport à leur pic de 2022), tout en restant toutefois au-dessus de leur valeur de 2018.
 
Derrière Cartier, deux autres maisons s'imposent par leur stabilité et leur croissance soutenue : tout d’abord Omega avec son incontournable et grand classique : la Speedmaster (Réf. 3310.10), elle aussi souvent sous-cotée, qui grimpe de 119%, tandis que la Seamaster Aqua Terra (Réf. 2517.30) progresse de 83%.
 
Jaeger-LeCoultre : la Grande Maison place deux références dans le haut du classement, confirmant l'intérêt croissant des collectionneurs pour les designs intemporels et la substance horlogère plutôt que pour la seule rareté spéculative.

Là encore, il faut bien avouer que JLC s’avère largement sous-cotée pour la plupart de ses références ! Ce qui permet de s’offrir une Reverso mécanique à très bon prix par exemple.

​Un marché de l'occasion horlogère en phase de réaccélération

Au-delà des cas particuliers, l'indice ChronoPulse indique une reprise globale de la demande. Sur les six derniers mois, le marché a progressé de 5,2%, confirmant un retour à une croissance saine et régulière.
 
Pour Balazs Ferenczi, responsable de l’engagement de marque chez Chrono24, cette analyse démontre qu'un investissement réussi ne nécessite pas forcément une mise de départ à cinq chiffres :

« ce que ces modèles ont en commun, ce n'est pas leur prix, mais leur substance : un design iconique qui traverse les décennies et une demande qui ne dépend pas des listes d'attente, mais de la valeur réelle pour le collectionneur. »

​Le « Stress Test » de la résilience

La force de cette analyse réside dans son double filtre temporel. Contrairement aux rapports habituels qui se contentent d'une photographie globale, les analystes ont ici traqué la croissance ininterrompue.
 
En comparant les prix de février 2018, février 2022 (pic de la bulle) et février 2026, la méthodologie sépare le bon grain de l'ivraie.
 
Les valeurs organiques : des modèles comme la Tank Vermeil ou la Panthère, dont la progression ne s'est jamais démentie, prouvant une adhésion réelle des collectionneurs.
 
Les valeurs spéculatives : des icônes comme la Nautilus 5712/1A qui, bien qu'en hausse sur 8 ans, ont lourdement chuté depuis 2022.
 
Cela confirme une leçon essentielle : la véritable valeur refuge n'est pas celle qui grimpe le plus vite, mais celle qui ignore les soubresauts du marché. C’est la victoire du produit sur l'actif financier, si tant est qu’une montre soit un actif financier... Mais ceci est une autre histoire !
 
Jean-Philippe Tarot